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Débat des "Shifters":"Faire de Nîmes une ville durable et résiliente"

  • 27 févr.
  • 2 min de lecture

Dans le cadre des élections municipales à Nîmes, les "Shifters" du Languedoc Roussillon invitaient l'ensemble des candidats à exprimer leur vision sur l'avenir de notre ville.



Ce fut l’occasion de préciser la cohérence de notre projet face aux réalités d’un monde fini, mais également de revenir sur une inspiration ancienne. En 2010, Jean-Marc Jancovici avait répondu à mon invitation pour une conférence dans cette même salle de l'Atria. Son diagnostic sur l’énergie, la dépendance aux ressources fossiles et la contrainte climatique était déjà clair. Quinze ans plus tard, il s’impose à nous avec encore plus d’évidence. Gouverner aujourd’hui, c’est accepter cette contrainte plutôt que la nier.


Mais la transition n’est pas qu’une affaire technique. Elle pose une question démocratique majeure : comment rester libres dans un monde plus contraint ? Comment organiser la responsabilité collective lorsque les marges de manœuvre se réduisent ? Nous défendons une méthode fondée sur la vérité des choix, l’association des citoyens aux décisions et le refus des postures simplistes. La transition écologique ne peut pas être imposée d’en haut ; elle suppose une maturité civique.



Nous avons ensuite abordé les mobilités. Oui, nous développons les pistes cyclables. Oui, nous proposons la gratuité des transports pour les moins de 18 ans. Mais l’avenir démographique de Nîmes n’est pas seulement celui de la jeunesse. C’est aussi celui du vieillissement. Une ville durable doit être accessible, proche des services essentiels, pensée pour les personnes âgées autant que pour les actifs.



Sur l’alimentation, nous avons défendu un principe structurant : sanctuariser les terres agricoles et préserver les espèces naturelles. La ceinture verte nourricière, la structuration d’une filière locale et la mobilisation de la commande publique ne sont pas des symboles. Dans un monde instable, l’autonomie alimentaire devient un enjeu stratégique.



Nous avons également évoqué la question des subventions versées à Ryanair pour maintenir des lignes sortantes depuis l’aéroport de Nîmes. La transition implique parfois des arbitrages. Peut-on continuer à financer des flux essentiellement tournés vers l’extérieur lorsque les ressources publiques sont limitées et que la contrainte climatique s’intensifie ? La responsabilité consiste à poser la question sans détour.



Enfin, face aux canicules à répétition, nous avons présenté notre plan d’adaptation à l’horizon 2040 : végétalisation massive, îlots de fraîcheur, écoles oasis, rénovation thermique des bâtiments publics, plan fontaine. Il ne s’agit pas d’un affichage, mais d’une stratégie de résilience urbaine.



La transition écologique ne se résume ni à des slogans ni à des interdictions. Elle engage une vision : lucidité sur les contraintes, démocratie dans les choix, responsabilité dans les décisions. C’est à cette condition que nous pourrons préserver à la fois notre cadre de vie, notre liberté et l’identité de notre ville.



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