Trois livres pour apprendre à construire notre vie personnelle et collective
- 3 mai
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Il arrive que certaines lectures, sans avoir été préméditées, dialoguent entre elles avec une étrange cohérence. Trois ouvrages ouverts en parallèle: Accélération de Hartmut Rosa, La dissolution de la Ve République de Denis Baranger et Abécédaire d’un enfant de la République par mon ami Jacky RAYMOND, dessinent ainsi, chacun à leur manière, un même paysage : celui d’une certaine façon de construire sa vie personnelle et engagée, de penser la République et la Démocratie où la mémoire des hommes devient peut-être le dernier lieu de stabilité.

Mon ami Jacky RAYMOND publie l’Abécédaire d’un enfant de la République de Jacky Raymond. Avec la sincérité et l'humilité qui le caractérisent, il raconte une vie faite d’engagements, de transmission, de fidélité à quelques principes simples.
Et s'il admet, qu'à la manière d'un abécédaire que tout n’est jamais complètement cohérent, parce que le parcours se fait aussi par des détours, des erreurs, des rencontres. Une vie qui se construit dans la durée, sans chercher à en forcer le sens, mais toujours avec une fidélité à ce qu'on est profondément.
J’y retrouve quelque chose que j’avais déjà perçu dans un texte de lui, intitulé De la naïveté en politique. Une naïveté qui n’a rien de faible. Au contraire. Une forme de droiture qui consiste à croire encore à la discussion, à la sincérité des engagements, à la possibilité de faire tenir ensemble des désaccords sans renoncer à agir.
C’est une naïveté exigeante, presque volontaire. Et, à bien y regarder, profondément moderne.
Dans une époque qui valorise souvent la lucidité désabusée, cette posture fait figure d’exception.
Mais elle a une force tranquille : elle permet d’agir sans se perdre, de s’engager sans cynisme.
Je ne sais pas si c’est une méthode. Mais c’est, pour moi, une référence.
Le livre de Hartmut Rosa est désormais bien connu : il décrit une modernité prise dans une logique d’accélération permanente, où le progrès technique ne libère pas du temps mais en crée le manque. L’individu y est sommé d’aller toujours plus vite, au risque de perdre toute capacité d’appropriation du réel. Le temps ne se vit plus, il se subit.
Là où Rosa décrit l’accélération, Jacky Raymond incarne la durée. Des décennies de construction patiente, faite de rencontres, d’expériences, d’essais et d’erreurs. « Un portrait chinois de l’individu que je suis », écrit-il avec modestie. Mais ce portrait est aussi celui d’une époque où l’on pouvait encore croire à la continuité des institutions et à la progression des individus par l’éducation.
Et en effet, au cœur de cet abécédaire se trouve l’École. Non pas comme simple lieu d’instruction, mais comme matrice du citoyen. « Former de futurs citoyens, c’est-à-dire des êtres libres capables de prendre des décisions en toute autonomie et en pleine responsabilité. » Jacky Raymond insiste sur un point essentiel : apprendre, ce n’est pas accumuler des connaissances, c’est transformer son système de représentations. Il faut accepter de se défaire de ce que l’on croit savoir.
Une approche qui résonne aussi chez Denis Baranger, qui reconstruit l'histoire récente de la Ve République. Conçue pour stabiliser le pouvoir, semble aujourd’hui travaillée par une dynamique inverse : celle de sa propre dissolution progressive. Non pas une rupture brutale, mais une érosion lente, presque silencieuse, des équilibres qui la fondaient. L’instabilité n’est plus conjoncturelle, elle devient structurelle. Il faut aujourd'hui proposer autre chose. Nous y reviendrons.
Lire ces livres, au fond, ce n’est pas chercher des réponses définitives. C’est retrouver des points d’appui. Des manières d’être au monde.
Et parfois, cela passe simplement par une rencontre. Même à travers un livre. Rencontrez Jacky, vous ne le regretterez pas!









































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