Top 5 des raisons de se méfier des référendums (la cinquième va vous étonner...)
- 17 déc. 2018
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 juil. 2024

Le malaise démocratique exprimé par le mouvement des Gilets Jaunes semble avoir trouvé, dans le référendum d'initiative citoyenne, la revendication politique identifiable qui lui manquait.
Mais la consultation directe du peuple ne constitue-t-elle pas une façon de contourner la question de la crise de la représentation plutôt qu'une réponse? Ne devrait-on pas traiter les causes du problème, plutôt que de courir après le mirage de la démocratie directe?
Certes, il est séduisant de prétendre donner directement la parole au peuple pour répondre à une confiscation supposée du pouvoir par une élite, même élue. Mais de nombreux pièges se cachent derrière la suppression des intermédiaires entre un Etat et sa population.
1) Un référendum appelle nécessairement une réponse binaire: OUI ou NON. Pas de négociation, pas de compromis, pas de consensus. Un référendum tranche. Et coupe, parfois brutalement. Un référendum n'aide donc pas toujours à faire émerger la bonne solution. Prenons l'exemple d'un référendum sur la fin de vie: on ne pourra statuer que sur un principe général, pas sur ses modalités d'application.
2 )Un référendum, quelles questions? Car bien souvent, la réponse dépend de la façon dont la question est posée. Un référendum sur l'euthanasie n'obtiendra pas le même résultat selon qu'on demande aux français s'ils veulent accorder un droit à mourir dans la dignité, ou un droit au suicide médicalement assisté. Or, qui est légitime pour formuler la question? Que se passerait-il si, sur un même sujet, plusieurs formulations différentes rencontraient un nombre de signataires suffisant? 3) Un référendum se gagne ou se perd parfois, pour ne pas dire souvent, pour des raisons qui n'ont pas directement trait avec l'objet de la question. Bien souvent, ceux qui proposent le référendum y voient une sorte de plébiscite pour ou contre leur maintien au pouvoir. On se souvient du référendum de 1968 sur le Sénat et la décentralisation qui a poussé Charles De Gaulle à la démission, ou, a contrario, du référendum européen de 2005. 4) Au bout de la logique, le référendum d'initiative citoyenne pourrait devenir "révocatoire" et interrompre le mandat de l'exécutif ou des représentants élus. Cela génèrerait un grave conflit de légitimité. Il viendrait ainsi aggraver celui, déjà existant aujourd'hui, entre le Président et les députés. 5) Le référendum est donc loin d'être une garantie pour une démocratie plus juste, plus apaisée, et dans laquelle le peuple se sent mieux entendus. Au contraire, la focalisation du débat sur son existence, alors qu'elle est déjà partielle depuis la réforme de 2008, masque les vrais enjeux de représentativité et de légitimité du pouvoir législatif. L'instauration de la proportionnelle intégrale permettrait de faire en sorte que "chaque voix compte" et donnerait la faculté au système politique français de représenter la riche diversité des opinions de notre pays.









































Commentaires