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Une politique spectacle qui symbolise l'agonie de la Vème République

  • 21 déc. 2023
  • 3 min de lecture

Les débats sur le projet de Loi Immigration illustre à quel point notre débat parlementaire est malade de l'irresponsabilité des oppositions. La politique du pire semble être leur meilleur atout pour parvenir au pouvoir absolu. Rien maintenant pour tout, plus tard, une stratégie qui plonge la France dans la division et l'immobilisme.



Nous continuons d'assister à la lente et difficile agonie de la Veme Republique. 


L'élection d'une majorité relative n'y change rien, si notre logiciel politique n'évolue pas radicalement, l'assemblée nationale continuera d'être le théâtre des émotions d'une politique spectacle, quand le pays a besoin d'un "congrès des opinions" chargé de doter le pays de règles communes acceptables par tous.


Le débat démocratique et la négociation raisonnée excluent l'anathème et le procès d'intention. 


Or, en votant conjointement la motion de rejet, la gauche et le RN ont préféré, à un examen et un débat approfondi sur chaque article de loi, l'opacité et l'urgence d'une commission mixte paritaire.


Comme à leur habitude, les extrêmes ont sacrifié le débat des mesures et des solutions complexes mais concrètes, sur l'autel de la caricature et de la récupération politique.


Il y a là deux faces d'une même volonté de tenir les français loin de la réalité des faits. Face à l'importance d'un débat qui met en jeu l'unité de notre pays, l'extrême gauche n'a, pour seule réponse que de se draper dans des postures morales; l'extrême droite de proposer des solutions simplistes et radicales.


Au delà de la démagogie, ce refus de la discussion est symptomatique d'un système qui promet aux oppositions d'aujourd'hui un pouvoir sans partage le lendemain.


Qu'on ne s'y trompe pas, si les psychodrames politico-médiatiques actuels ont certes, pour cause directe, l'absence de majorité absolue, ils sont surtout la conséquence de l'incapacité de notre système politique à produire du consensus. 


Associée à un système électoral qui vise explicitement à limiter l'expression de la pluralité des opinions au nom de la "gouvernabilité" et de "l'efficacité" politico-administrative, la légitimité des lois s'en trouve constamment remise en cause

Tournées avant tout sur la conquête du pouvoir, les oppositions, plutôt que de contribuer à améliorer, au moins partiellement, la situation, misent toujours sur l'échec du gouvernement avec l'espoir d'en prendre - toute - la place demain.


Associée à un système électoral qui vise explicitement à limiter l'expression de la pluralité des opinions au nom de la "gouvernabilité" et de "l'efficacité" politico-administrative, la légitimité des lois s'en trouve constamment remise en cause... et avec elle, non seulement la puissance publique, l'autorité de l'Etat, mais aussi toutes les règles élémentaires du vivre ensemble et d'unité du pays.


Cela n'est pourtant pas inéluctable.  


D'abord malgré, cette séance à l'assemblée, nous avons vu que le parlementarisme pouvait encore fonctionner et établir des compromis pour sortir des mesures attendues par les français.


Un texte qui n'est pas parfait mais qui sans prendre aucune mesure attentatoire à la dignité humaine restaure la capacité de notre pays à décider de sa politique migratoire et du niveau de sa générosité à l'égard de ceux qui ne font pas partie de sa communauté nationale. 


On ne peut rejeter une idée pour la seule raison qu'elle est approuvée par le RN. Comme le RN ne peut revendiquer de victoire idéologique parce qu'elle vote in fine un texte que ses sénateurs avaient rejeté au Sénat.


Dans un climat plus serein, sans autre enjeu ni arrière pensée que la mise en place de mesures nécessaires au règlement d'un sujet, l'Europe vient d'adopter, avec le soutien des partis de gauche sociaux-démocrates, un pacte "migration et asile" dont les mesures sont pourtant tout aussi restrictives sur le plan de l'accueil des migrants. Au Danemark, la gauche également, a fait siennes des mesures considérées comme "inhumaines" par Boris Vallaud.


Sans présidence de la République à conquérir; sans ces sièges de députés godillots sur des centaines de circonscriptions "répliques" et sans ces portefeuilles de "commissaires du gouvernement" interchangeables et éphémères, quelle serait la nature du débat public dans notre pays?


Avec un exécutif élu au suffrage universel qui gouverne, et un parlement représentatif de la diversité des cultures politiques françaises, élu à la proportionnelle, n'ayant d'autre but que de satisfaire son électorat, n'aurions nous pas des lois plus consensuelles et légitimes?


Si l'archipelisation de la société française peut légitimement nous interroger sur sa capacité à faire émerger une représentation nationale cohérente. Les risques que nous courrons à continuer ainsi sont encore plus grands en ce qu'ils privent ces archipels de participation politique et les conduisent à la sécession.


Mieux vaut un parlement fragmenté d'un pays uni qu'un parlement monolithique dans un pays dont les citoyens ne se parlent plus. 


Au soir du second tour des dernières élections législatives nous savions que la Veme était en état de mort cérébrale. Il nous faut désormais, et rapidement. préparer sa succession pour retrouver l'unité du pays, et l'autorité de nos institutions.

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