Stop à la guerre des générations!
- 16 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 nov. 2025
L'unité nationale passe aussi par la solidarité des âges!

Notre société se transforme. Le vieillissement de la population s'accélère, mais paradoxalement, les établissements d'hébergement pour personnes âgées voient leur fréquentation reculer : -3,7 % depuis 2019, 33 000 résidents en moins. Le dernier rapport de la DREES sur la fréquentation des Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées (EHPAD), paru la semaine dernière montre que, les résidents sont moins nombreux, de plus en plus âgés, de plus en plus dépendants : 85 % sont en perte d’autonomie, 38 % atteints de maladies neurodégénératives.
Le coût de leur accompagnement augmente, mais les moyens ne suivent pas. Dans ce contexte, réaffirmer la solidarité entre les générations ne doit pas se lire sur les termes de l'âge de départ à la retraite, mais bien de l'âge où survient la perte d'autonomie.
Là est l'enjeu principal auquel nous devons répondre pour retisser le lien entre les générations.
Une société du respect, pas de l’abandon
Nous voulons ainsi réaffirmer que la protection des aînés est une obligation morale, mais aussi une promesse sociale faite à chacun d’entre nous. La société française doit garantir à toute personne âgée, quel que soit son revenu, l'accès à un accompagnement digne. La réforme récente autorisant une modulation de 35 % des tarifs d’hébergement entre bénéficiaires de l’aide sociale et les autres va dans le sens d’un équilibre financier, mais elle ne saurait dégénérer en sélection par l’argent. Nous appelons à encadrer strictement ces écarts, pour préserver l’esprit de la solidarité nationale.
Le virage domiciliaire ne doit pas rimer avec isolement
Le développement de l’accompagnement à domicile est un objectif gagnant/gagnant: pour la société, comme pour les personnes âgées qui, très majoritairement, désirent rester chez elles le plus longtemps possible. Mais il ne doit pas masquer le désengagement progressif d'un État exsangue qui laisse la majorité des personnes dépendantes vivre seules ou avec un aidant épuisé. Nous devons reconnaître le rôle de ces derniers, en leur assurant des droits sociaux, du répit et un véritable statut. Il est temps de bâtir un "contrat de solidarité générationnelle" : un pacte où chaque génération reconnaît ses devoirs envers les autres, qu'elle lui précède, ou qu'elle lui succède.
Financer la dépendance : un choix politique courageux
Car oui, à la dette climatique s’ajoute la dette générationnelle. Trop souvent, les réformes de la dépendance sont repoussées. Nous soutenons l’instauration d’un financement pérenne de la perte d’autonomie, fondé sur la responsabilité collective qui pourrait passer par une progression du taux de "TVA écologique et solidaire", ciblée sur les produits polluants ou de sur-consommation... à l'heure du prêt à porter "Shein", cela fait sens.
Réaffirmer la solidarité entre les générations ne doit pas se lire sur les termes de l'âge de départ à la retraite, mais bien de l'âge où survient la perte d'autonomie.
De la même manière, la baisse du taux d'occupation peut aussi offrir des solutions d'aide intergénérationnelle en assurant l'hébergement d'un public jeune, en échange de leur participation volontaire à la vie sociale de l’établissement. Ce modèle, déjà expérimenté dans plusieurs villes, renforce les liens entre générations, lutte contre l’isolement des aînés et contribue au pouvoir d’achat étudiant, tout en valorisant les EHPAD comme lieux de vie ouverts sur la société. Il faut désormais le promouvoir, et aller plus loin, en simplifiant son cadre juridique, à mi-chemin entre l’hébergement solidaire et le service civique.
La société de demain se construira sur l'effort, le travail et la gratitude, ou elle se sera perdue dans le ressentiment et la jalousie
La solidarité n’est pas une charité verticale, mais une responsabilité mutuelle.
Nous ne voulons plus d’une société mue par la jalousie et le ressentiment; où l'assistanat aveugle, cotoie l' abandon des plus fragiles. Nous voulons une société équilibrée, qui s’appuie sur les valeurs simples mais exigeantes de valorisation du travail, de reconnaissance de l'effort, et de la gratitude pour les actions solidaires. Ce triptyque fort assume en effet, de demander les efforts à ceux qui sont en âge de travailler, sans décourager et assommer ceux qui paient déjà beaucoup; et à ceux qui ne le sont plus, un sentiment de gratitude que nous nous devons pour ce que nous nous transmettons entre générations.









































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