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Plus de liberté pour une école plus juste et respectée !

  • 2 sept. 2024
  • 3 min de lecture

Exigence, bienveillance et autorité : trois concepts clés à réhabiliter pour donner un second souffle à l’école.


3000 postes d’enseignants non pourvus à la rentrée scolaire. La crise des vocations du “plus beau métier du monde” est aussi celle d’une certaine vision de l’éducation nationale, désacralisée, et sclérosée. En cause, la perte de sens et d’autorité de l’école; le carcan du statut des enseignants.


La crise de l’autorité à l’école affecte non seulement le climat scolaire, mais aussi l’attractivité du métier d’enseignant. Face à des élèves et à des parents de moins en moins enclins à se plier à la “coercition” du vivre ensemble, de nombreux enseignants se sentent démunis, ce qui contribue à la désaffection pour cette profession plus autant respectée qu’elle devrait l’être.


Rétablir l’autorité pour améliorer le climat scolaire

Depuis plusieurs décennies, l’autorité des enseignants s’est progressivement érodée, conséquence d’une société marquée par l’individualisme triomphant des Trente glorieuses. Cette évolution a conduit à une remise en cause de la figure de l’enseignant, désormais perçu moins comme un guide que comme un simple animateur. Les conséquences sont visibles : classes indisciplinées, parents qui se désolidarisent du discours pédagogique, et enseignants de plus en plus désabusés. Cette situation, source de stress et de désillusion, explique en partie le manque d’attractivité de la profession.

Restaurer l’autorité ne signifie pas revenir bêtement à la figure obsolète du “maître”, mais bien redonner aux enseignants les moyens de dispenser un enseignement exigeant; dans un climat de discipline juste et respectée. Cela passe par un soutien institutionnel fort, des sanctions adaptées, et une formation accrue pour leur permettre de mieux gérer les comportements difficiles. Une autorité et apaisement vont de pair. Nous payons cher aujourd’hui pour l’avoir oublié pendant près d’un demi siècle. Le retour en arrière n’étant jamais possible, il convient donc de réinventer les outils de l’autorité de demain en appliquant des méthodes que l’on sait efficaces: exigence et bienveillance en seront les maîtres mots.


Réformer le statut des enseignants pour plus de justice et d’efficacité

Exigence et bienveillance envers les élèves, mais aussi envers les enseignants. C’est par manque de courage qu’on a laissé s’abîmer les enseignants dans la paupérisation au prétexte de leur statut “sécurisé”. Cette “sécurité” est avant tout de la rigidité; ce “confort” un nivellement par le bas qui empêche toute véritable revalorisation des enseignants. Il nous faut proposer une réforme ambitieuse : instaurer un système basé sur le mérite et la performance. Une telle réforme permettrait de mieux rémunérer les enseignants les plus investis et les plus efficaces, tout en offrant la possibilité de réorienter ceux qui le souhaitent. Cette réforme irait de pair avec une plus grande autonomie accordée aux établissements scolaires, leur permettant de recruter et de gérer leurs enseignants en fonction de leurs besoins spécifiques, par exemple en revalorisant à la hauteur de leur engagement les profs situés dans les zones d’éducation prioritaires.


En finir avec les indicateurs soviétiques

Enfin, sortir de ce nivellement par le bas, c’est aussi et surtout en finir avec les formules éculées qui ont tenu lieu d’objectif stratégique pendant des décennies. Quand la gauche de François MITTERRAND avait pour seul horizon de “mettre 80% d’une classe d’âge au bac”, il faut croire qu’elle n’avait pas encore tiré les leçons de l’économie soviétique: quand le Kremlin fixait des objectifs quinquennaux de production d’acier, mais manquaient de matières premières, ils dégradaient la qualité de leur production. Selon la même logique, la France n’a pas amené 80% d’une classe d’âge au bac, mais bien le bac au niveau de 80% d’une classe d’âge.

Ce faisant, non seulement, on a allongé la durée des études sans véritablement améliorer le niveau général des français, non seulement, on a noyé l’université et démonétisé de nombreux diplômes, mais nous avons surtout déconnecté la formation des réalités et des besoins économiques de notre pays.

Or, il n’y a pas de réussite collective sans efforts individuels, la restauration de l’autorité à l’école et la réforme du statut des enseignants sont deux chantiers indissociables pour rendre à nouveau attractif le métier d’enseignant. Mais ils sont surtout un moyen de sortir l’école du nivellement par le bas installée par une idéologie obsolète.

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