De Gaulle, leçons anachroniques
- 27 oct. 2025
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Quarante ans après sa mort, j’écrivais que l’héritage du général de Gaulle était moins une nostalgie qu’une exigence. Quinze ans plus tard, cet héritage nous interpelle plus que jamais. La Ve République, qu’il voulut bâtir pour réconcilier l’efficacité de la décision avec la légitimité populaire a été érodée par la pratique et ne tient plus ses promesses.
L’équilibre qu’il imaginait entre un chef responsable et un peuple participant s’est déformé sous le poids de la communication, du court terme et d’une présidentialisation sans contrepoids. La rencontre d’un homme et du peuple s’est muée en confrontation de postures.
L’époque actuelle, saturée de résignation et d’attente d’un « homme providentiel », semble oublier cette leçon. Dans ses pages, De Gaulle montre que les nations meurent moins de leurs ennemis que d’elles-mêmes, lorsqu’elles renoncent à la discipline, à la foi en leur propre destin, et à la capacité de se gouverner.
La grandeur, écrivait-il, « ne se mendie pas, elle se conquiert ». Elle n’est ni un mot d’ordre ni une promesse électorale, mais la somme des efforts consentis par des citoyens conscients de leur responsabilité.
Les institutions sont le miroir du courage des peuples : si elles défaillent, c’est souvent que la société a cessé de croire en sa capacité à s'entendre, et à se doter de nouvelles règles du jeu. De Gaulle pourfendant la IVème République n'en doutait pas.
Ses Mémoires d’espoir éclairent aussi une vérité politique essentielle : la question institutionnelle n’est jamais technique. Elle engage la psychologie d’un peuple. Un régime mal conçu encourage la passivité ou l’égoïsme, là où des institutions claires et stables peuvent susciter la loyauté et le service. Ce qu’il appelait « l’État », ce n’était pas une machine, mais une colonne vertébrale morale autour de laquelle s’articulent les libertés. La crise actuelle ne réside pas tant dans les textes que dans l’esprit public : l’attente d’être gouverné plutôt que la volonté de se gouverner.
De Gaulle ne concevait pas la République comme une société d’assistés mais comme une communauté de devoirs. Colombey rappelle ainsi deux leçons :
- la première, que les institutions sont le miroir du courage des peuples : si elles défaillent, c’est souvent que la société a cessé de croire en sa capacité à s'entendre, et à se doter de nouvelles règles du jeu. De Gaulle pourfendant la IVème République n'en doutait pas.
- la seconde, que la France ne se relèvera que par l’esprit de service, de mesure et d’unité qui fit sa force dans ses heures les plus sombres.
L’espérance gaullienne n’était pas une foi naïve dans le destin, mais une confiance lucide dans la capacité des Français à redevenir ce qu’ils doivent être : un peuple libre, mû par la volonté et l’honneur.









































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