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"Les mots et les actes"... retour sur la séance régionale du 24 juillet 2015

  • 25 juil. 2015
  • 3 min de lecture

Chaude ambiance à l’occasion de cette séance estivale du Conseil Régional. Certaines des 120 questions examinées ont particulièrement suscité le débat, et reflété l’immense fossé qui sépare souvent les paroles et les actes.

La première d’entre elles portaient sur la détermination du chef-lieu provisoire de la future région, et proposaient aux conseillers régionaux de s’opposer au choix de Toulouse comme capitale régionale.

C’est à croire que les socialistes souffrent d’un dédoublement de personnalité : s’opposant à Montpellier à ce qu’ils votent les yeux fermés à Paris. Mais comme l’a rappelé Jean-Luc PUJOL, Président du groupe Union Centriste, paraphrasant avec humour Louis XIV : « l’Etat, c’est vous ! ».

Et de fait, cette résolution sur le choix de la capitale régionale, qui aurait pu être examinée au mois de juin comme cela a été le cas en Midi Pyrénées, a tout l’air d’un aveu d’impuissance de la majorité régionale à obtenir une répartition équilibrée des services de l’Etat sur le territoire.

"L'Etat, c'est vous!"

Car, si Toulouse peut s’imposer comme un choix naturel comme capitale régionale, et y résister s’apparenter à un combat d’arrière-garde, que fait le Président de la Région pour garantir notre prédominance dans nos points forts ? Que fait-il pour conserver l’Agence Régionale de Santé, le Rectorat à Montpellier ? Que fait-il pour sacraliser le leadership languedocien en matière de santé ? Son attractivité dans l’enseignement supérieur ? Ses spécialités dans le domaine économique ?

A cela, il m’avait été répondu (voir intervention du 22 juin) que l’on verrait bien, et que Madame LEBRANCHU, Ministre de la fonction publique, nous rassurerait l’après-midi même de cette séance du 22 juin au cours de laquelle il nous avait semblé que l’exécutif régional lâchait la proie pour l’ombre. Sa seule réponse avait été de nous proposer des « doublons », en contradiction totale avec l’esprit d’une réforme qui tourne désormais sur elle même.

Face à ce jeu de dupe, avec nos collègues du groupe Les Républicains, nous n’avons pas refusé le débat, mais avons refusé de prendre part à un vote qui n’était visiblement pas à la hauteur des enjeux de cette future région.

"Ce qui fait que notre région est mal classée économiquement: les rivalités intra-régionales des territoires. Tournons nous vers l'extérieur. Notre rival, ce n'est pas Toulouse, ce sont toutes les autres villes du monde. "

Notre réponse sera celle de la construction d’un projet véritablement équilibré pour ce territoire qui saura s’appuyer sur ses points forts qu’ils soient en Midi-Pyrénées ou en Languedoc-Roussillon.

Car, ce qui épuise notre territoire, ce sont bien les luttes intestines qui les opposent les uns aux autres dans notre région. A l’heure où l’économie se joue à l’échelon planétaire, c’est vers le reste de la France, de l’Europe et du monde que notre future grande région a besoin de tourner son attention. Quelle erreur serait de croire que la concurrente de Montpellier, c’est Toulouse. Alors que la concurrente de Montpellier pour l’eau, c’est Mulhouse, pour la santé c’est Marseille, pour le tourisme Barcelone, et pour les Smart Cities c’est Birmingham en Alabama, USA, et Rio de Janeiro.

Il ne s’agit que de quelques exemples, mais c’est un état d’esprit. Celui de l’ouverture au monde qui nous rend attractifs économiquement, et nous permettra face aux défis du monde de demain de conserver l’avance dans notre modèle de qualité de vie.

"La région ne peut pas agir stratégiquement, si elle s'enlise dans l'opérationnel"

Pour cela, la région a un rôle stratégique, un rôle planificateur. Elle a besoin de prendre de la hauteur, et de veiller à la coordination de ses territoires, notamment en matière d’attractivité économique.

La décision prise par Georges FRECHE en 2004 de créer des Parcs Régionaux d’Activité Economique (PRAE) était en ce sens une erreur historique dont on paie encore aujourd’hui les conséquences. Délaissant son rôle de coordinateur pour devenir acteur, la Région fait désormais parfois office de concurrent opérationnel pour les territoires les plus actifs économiquement.

C’est pourquoi sur le rapport relatif aux contrats triennaux que la Région entend signer avec les départements et les EPCI, il me semblait nécessaire de rappeler (voir ci-dessous la retranscription intégrale de l’intervention) que ces outils devaient avant tout être mis au service des collectivités bénéficiaires, et ne pas devenir un instrument de « rigidité administrative ». Ce à quoi le Président de la Région m’a répondu, qu’il s’agissait de sacraliser certains engagements régionaux. Dont acte, si cela ne sert pas à la région pour balayer définitivement les dossiers qui n’auront pas trouvé d’accord.

Espérons cette fois, qu’entre les mots et les actes, il n’y aura pas un fossé.

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