Les propositions institutionnelles de Bayrou ne rénoveront pas en profondeur notre démocratie.
- 27 févr. 2012
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Pour un candidat qui dit vouloir rompre avec la pratique actuelle de la politique, les propositions de François Bayrou, ne pourront qu'étonner par leur manque d'ambition.
N'oublions pas que le discours centriste est avant tout un discours de la méthode, et c'est bien sur ce plan là que François Bayrou estime apporter sa différence avec l'UMP et le PS.
Cependant, on ne peut pas dire que l'on va changer la vie politique française et rassembler les français, en conservant des institutions et la prédominance un mode de scrutin - le scrutin majoritaire - qui favorisent l'opposition d'une motié des français contre l'autre.
Par ailleurs, pour le leader d'un mouvement qui se dit démocrate, on peut s'étonner de la tonalité "anti-parlementaire" de certaines propositions, quand, les centristes appellent généralement au renforcement des pouvoirs du parlement.
Héritiers de Montesquieu, les tenants de la tradition libérale-démocrate, les centristes historiques de ce pays pensent que, dans une démocratie, un pouvoir n'est légitime qu'à proportion de la légitimité des procédures par lesquelles le peuple les constitue. Avec le scrutin majoritaire, l'ambiguité de la position de François Bayrou ne garantie en rien la justice de son action, ni même les orientations de sa politique.
En 2007, nous proposions avec l'UDF une 6ème République avec un régime présidentiel clairement assumé. Nous regrettons que François Bayrou l'ait oublié au cours de sa campagne de 2007.
La suite de la note vous propose une analyse détaillée des 12 propositions de François Bayrou sur les institutions.
Les propositions de François Bayrou pour les institutions, même si elles n'appuient pas son positionnement politique, et sont insuffisantes pour remettre en cause la bipolarisation de la vie politique française, sont de trois ordres.
- Certaines sont bonnes:
Et pour cause, elles sont issues du programme du Nouveau Centre.
Reconnaître le vote blanc; limiter le cumul des mandats; l'inégibilité à vie des élus condamnés pour corruption; garantir l'indépendance du pouvoir judiciaire vis à vis de l'exécutif, en faisant du Garde des Sceaux une personnalité à part, dont la nomination est approuvée par le Parlement. Tout cela est dans le projet du Nouveau Centre validé au mois de novembre 2011, et actuellement en discussion avec l'UMP dans le cadre de la plateforme électorale que nous proposerons pour les élections législatives. Le tout validé par un référendum comme l'avait proposé Hervé Morin au mois de décembre dernier.
D'autres existent déjà (un déontologue existe déjà à l'Assemblée nationale), ou le traditionnel marronnier des gouvernements resserrés qui, généralement, s'élargissent à chaque remaniement.
- d'autres fleurent l'anti-parlementarisme, étonnant pour un parti centriste dont la tradition consiste plutôt à vouloir renforcer le pouvoir du Parlement.
La proportionnelle, dont le principe est repris par Nicolas Sarkozy, n'est évoquée qu'à travers le prisme de la réduction du nombre de parlementaires, et dans des proportions qui ne changeront en rien le rapport de force, et ne favoriseront pas l'établissement d'une démocratie de négociation.
Le renforcement du pouvoir du Parlement est à peine évoqué, par un contrôle sur les nominations, mais aucune allusion n'est faite à un changement institutionnel en profondeur. Finalement, peu étonnant, car depuis 2007, il est quasimment impossible de retrouver la trace de l'appel à la sixième république des parlementaires de l'UDF qui a été méthodiquement supprimé par les collaborateurs de Bayrou. Seule subsiste une allusion sur son wikipedia... dépêchez vous d'y aller faire un oeil, çà ne devrait pas subsiter très longtemps.









































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