Pourquoi François BAYROU n'est plus centriste à mes yeux...
- 29 sept. 2010
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En 2007, le centrisme est redevenu une force d’attraction puissante pour des français lassés de l’immobilisme Chiraco-jospinien. Malheureusement, moins de trois ans après ce « succès », et à la veille d’une nouvelle campagne présidentielle, le centrisme s’est à nouveau atomisé. Il est en crise d’identité et de représentation… et pourtant, il constitue toujours un formidable potentiel : celui de l’unité retrouvée des français. A tel point que des usurpateurs, comme le gaulliste villepin, viennent marcher sur les plates-bandes centristes, qui s’étaient sans doute, laissées un peu trop piétiner par les égos de ses légitimes responsables. Dès lors, le centrisme représente-t-il encore un corpus idéologique véritablement défini ? Quelle est la pierre angulaire du centrisme ? Comment la retrouver, et par la même occasion, retrouver l’unité des centristes ? En tant que militant du Nouveau Centre, j’ai été amené, à de multiples reprises à débattre avec des centristes de chapelles différentes, et ces questions n’ont toujours pas trouvé de réponse… « Cher centriste du MODEM, Force est de constater, et ce avec grande satisfaction, que vous ne récusez désormais plus ce qualificatif. Je me souviens avoir lu, il y a encore quelques mois certains propos indiquant que vous étiez désormais « démocrates » et que l’image des « centristes » était pour vous celle de l’UDF de « sinistre mémoire » car trop souvent associée à l’image du Centre-Droit. Vous ne m’en voudrez dès lors pas de vous demander, ce que cette nouvelle qualification signifie pour vous. Si je vous dis, que le centrisme c'est de vouloir rapprocher les français les uns des autres... les réconcilier de cette imbécile fracture droite-gauche qui rend le pouvoir parano et l'opposition systématique. Si je vous dis que le centrisme est une quête du consensus, d'une voie politique responsable et raisonnable... j'espère et je crois que nous serons d'accord. Il s'agit là pour moi, d'une définition a minima. C'est un objectif à atteindre basé sur une certaine foi en l’homme qui fait que les centristes préfèrent parler à la raison des citoyens plutôt qu'à leurs pulsions. Mais au delà de cela, être centriste, c'est aussi avoir une idée très claire de la façon dont on peut atteindre cet objectif. C'est d'abord se battre contre le fait majoritaire qui donne raison à la moitié des français contre une autre. C'est se battre contre un système qui ne confie la responsabilité de la conduite du pays qu'à un homme... d'abord tout puissant par l'onction de son élection... mais qui finira immobile et égoïste, éreinté par cinq années de pouvoir personnel et d'attaques permanentes de la part d'une opposition qui n'aura qu'un but : prendre sa place. Oui être centriste, c'est être démocrate, au sens où son combat est celui du refus de voir notre pays rejouer tous les cinq ans la révolution française pour finalement couronner un nouveau roi. Etre centriste, ce n'est pas être "social-démocrate"... être centriste, c'est être démocrate selon la conviction que l'on réussit mieux à plusieurs que seul. Etre centriste, c'est aujourd'hui poser les bases de la refondation de notre République, pour permettre au pouvoir exécutif de partager la responsabilité du pouvoir avec le législatif. Ce constat, cette conviction, était celle des parlementaires UDF qui avait signé un appel à la 6ème République. François Bayrou en avait fait une idée force de son programme. Mais François Bayrou est foncièrement ancré dans la cinquième République. Il a la conviction que la France a toujours besoin de la rencontre d'un homme - providentiel - avec son peuple, pour être gouverné. Je m'en suis tristement rendu compte à Perpignan, lors d'une conférence de presse au mois de mars 2006... alors qu'il était au plus haut dans les sondages, les journalistes ont commencé à l'interroger sur la majorité avec laquelle il entendait gouverner. Je m'attendais à l'entendre parler d'une refonte de la république, voire à l'élection d'une assemblée constituante... ms il eut alors ces mots frappants de vérité, comme un masque qui tombe et laisse apparaître le visage de l'égoïsme assoiffé de pouvoir: « Quand je serai Président, les gens de droite et de gauche me suivront pour former un grand parti du centre... » Quelle ne fût pas ma surprise d'entendre celui qui avait dit un jour de 2002 "si nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien", souhaiter la création d'un UMP du centre. Quelle fût en fait ma naïveté de croire qu'un homme qui pilotait son parti en autocrate était capable d'en faire autrement pour son pays. Voilà pourquoi François BAYROU, n’est pour moi, pas un vrai centriste... tout en découle, y compris ce positionnement absurde entre les deux tours de la présidentielle. Voilà pourquoi François BAYROU essaie de faire croire que le centre doit être indépendant, c'est à dire autiste des autres; alors que le centre se doit avant tout d'être une passerelle... mais cela ne l'intéresse pas. il ne veut pas partager le pouvoir, il le veut pour lui tout seul. Il veut être le roi pour cinq ans de la monarchie élective, sans rien changer à notre pays! Il n'est, en ce sens, pas si différent de Jacques CHIRAC ou de Nicolas SARKOZY. Même ses dernières propositions trahissent le fond de sa pensée. Un organisme indépendant pour compter les manifestants. Très centriste sur la forme (un organisme indépendant) ... mais très peu démocrate de considérer que l’avenir d’une réforme doit se jouer dans la rue. Selon la mobilisation ou non de quelques centaines de milliers de personnes de plus ou de moins. Très peu centriste également d'admettre comme contre-pouvoir des minorités de blocage corporatistes, quand il faudrait se battre pour que le parlement puisse devenir le véritable lieu d’un débat où serait représenté toutes les sensibilités politiques des français ? D'aucuns disaient de Bayrou, qu'il est un Le Pen du centre, résigné à ne jamais exercer le pouvoir, mais décidé à incarner, à lui seul, une partie de l'électorat mécontent de la droite et de la gauche. Je crois profondément que Bayrou, aime ce positionement, et la fonction tribunicienne qu'il est en train de remplir. Elle en a grisé bien d’autres avant lui certes, mais pas au centre. Jean-Louis BOURLANGES ne dit-il pas qu'il faut sortir de la "démocratie de confrontation" et renouer avec une "démocratie de négociation" ? Le centre, s'il veut jouer son rôle, se doit d'être constructif, se doit d’être un partenaire, et de négocier. Jeter l'anathème et traiter de "traitres" ceux qui ont pratiqué ce dialogue relève de la dialectique des extrêmes. Non, ceux que vous, au Mouvement Démocrate, appellez "traitres" ont, en réalité, porté la voix des français qui voulaient retrouver un peu d'objectivité dans notre vie politique. Certes, tout n'a pas été bien fait, et sans doute a-t-il manqué un peu de poids dans les négociations... mais c'est aussi et surtout parce que celui qui devait les mener, n'a pas assumé ses responsabilités de chef de parti, dépositaire non seulement des millions de voix du candidat Bayrou, mais également des millions de voix de l’UDF aux européennes et aux régionales. Parce qu'il n'a pas assumé ces responsabilités, je ne lui fais aujourd'hui plus confiance pour être le candidat des centristes. Parce qu'il n'a pas, au fond de lui, la volonté de changer le système institutionnel français, il n'est pas le mieux placé pour incarner ce qu'est réellement le centre. Ce qui peuvent continuer à l’incarner sont ceux qui portent nos valeurs dans une majorité initialement bien moins éloignée idéologiquement que l’opposition. Cher ami du MODEM, j'imagine que vous n'avez pas oublié la nécessité de mener des réformes courageuses dans ce pays, et de la nécessité, pour y parvenir de ne pas tomber dans la démagogie (quand on est comme vous dans l'opposition), ni dans l'immobilisme (quand on est comme moi dans la majorité)... Faut-il rappeler que le programme économique du candidat Bayrou était au moins aussi libéral et réformateur que celui du candidat Sarkozy ? Or, nous avons tâché d’apporter notre contribution à ces réformes, aussi difficiles et impopulaires soient-elles. On ne peut que regretter d’avoir manqué, de peu, la réforme de notre fiscalité (qui au lieu de peser sur le travail devrait peser sur le coût carbone + TVA sociale pour faire participer les importations à nos charges sociales), et ne pas oublier que c'est à cause de la mauvaise foi affligeante des « agrégats d'opposition », du manque de courage politique de bcp de députés de la majorité (qui avaient cependant voté le texte), et surtout de la partialité politique du Président du Conseil Constitutionnel nommé par Jacques Chirac (JL DEBRE), que cette mesure dont tous les mouvements s’accordaient à dire qu’elle était pertinente, s’est trouvée rejetée et repoussée aux calendes grecques. Malheureusement, depuis le mois de mars dernier, et le lancement de la campagne présidentielle, tout cela n'est plus qu'un voeu pieu... c'est bien dommage, car je ne pense pas que la France ait les moyens de n'être gouvernée (c'est à dire réformée) que trois ans sur cinq... Car, si notre combat commun, est bien celui du refus du bi-partisme, nous devons aussi savoir en tirer la logique jusqu'à son terme: c'est le soutien à la proportionnelle, le renouveau d'un parlement réellement représentatif de tous les français, et un régime présidentiel réellement assumé. C'est à cette condition que nous sortirons de la monarchie élective dans laquelle nous vivons depuis trop longtemps qui ne produit qu'immobilisme, frilosité, boucs-émissaires, et opposition systématique. C'est autour de ce projet que nous devons nous réunir, pas autour d'un homme. Nous aurons bien le temps de choisir ensuite qui est le plus à même de le porter. N’hésitons pas à partager ce projet, car s’il est de notre responsabilité de le porter, il est aussi celui de tous les français qui ne se sentent pas entendus, par représentés dans ce pays. Sincères amitiés centristes.









































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